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 Réveil de Nihil

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Nihil
Elfe

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MessageSujet: Réveil de Nihil   Mer 25 Juin - 13:33

[Message posté le Ven 12 Juil 2013, 04:57]
Nihil se réveilla en sursaut, et se crispa, sans ouvrir les yeux, en se roulant en boule. Ses yeux voyaient le rouge de ses paupières partout; la lumière était assez forte pour passer au travers ses yeux fermés. Son organe nasal était rempli d’odeurs impossibles à différencier. Et ses oreilles étaient assaillies par des sons qu’elle était incapable de discerner en l’état.

* Ca y est, une crise*, pensa-t-elle. Elle n’en avait pas eu ces derniers temps. Ses sens la laissaient le plus souvent tranquille. Sauf en situation d’angoisse, lorsqu’ils se réveillaient complètement… Mais de quoi devait-elle avoir peur ?

Elle roula brusquement sur le côté en ouvrant grand les yeux. Sauf que ces deux gestes n’étaient pas une bonne idée. Elle chuta par terre sur le sol dur, et ses yeux ne virent plus rien que de la lumière pure.

« Aouch ! » fit-elle, en se massant frénétiquement le flan. Secouant la tête pour écarter ses fines tresses rousses qui lui retombaient en cascade sur le visage, elle essaya de se concentrer pour retrouver l’ouïe.

Zzzzzzbingzzzzzzzbingbingzzzzzzzzzzbingzzzzz…

Le bruit le plus proche la fit grimacer. Elle leva les yeux. Bon. Elle avait l’explication à la fois de cette lumière blanche et crue qui l’éblouissait –des abrutis d’électriciens avaient posé des néons-, et du bruit irritant –l’un des néons fonctionnait par intermittence, provoquant un petit « bing » à intervalle irrégulier.

« Saleté… »

Elle envisagea de casser pour de bon ce fichu truc, mais le plafond était trop haut pour sauter, et il n'y avait pas de caillou à balancer dessus.

Bon. La crise était plus ou moins passée. Elle fut capable d’analyser les alentours sans grimacer.

La pièce lui fit penser à une très grande chambre d’hôpital, avec l’odeur en moins. Ça sentait le produit de nettoyage, mais pas l’éther ou autres médicaments et désinfectants. Personne d’autre dans la pièce, en tout cas. Tous les lits étaient vides. Tous ?

Oups. Sko. Ah, non. Il roupillait encore, roulé en boule sur le lit où elle se trouvait quelques minutes plus tôt. Le roi des sans-soucis… Elle appela deux fois le renard avant qu’il ne s’étire en bâââillant. Elle lui tapota la tête pour lui dire bonjour, puis reporta son attention sur les lieux. Maintenant qu’elle savait qu’elle n’était pas en danger immédiat, et qu’elle n’était pas séparée de son totem, son attention pouvait se reporter sur autre chose. Ce qu’elle fichait dans cette pièce sans fenêtre, par exemple.

La mémoire lui revint. Le type à lunettes noires qui le poursuivait avec un flingue, la course à travers les bois, la rencontre inopinée avec une voiture de types qui l’avaient fait monter dans la voiture, le type à lunettes noires pas content du tout, le soulagement, la piqûre… et puis plus rien. Elle siffla et cracha comme un chat à ce souvenir. Elle était pourtant quasi-certaine qu’il n’y avait aucun danger à grimper dans cette machine à pot d’échappement, son instinct lui disant que ses occupants n’étaient pas mal intentionnés. Il allait falloir se méfier un peu de son instinct, donc. Crotte de bouc.

La conclusion qui s’imposa à elle, limpide, lumineuse, diaphane, claire comme de l'eau de roche, c’était qu’elle avait été recherchée par deux organisations criminelles, et que l’une d’entre elle lui avait mis le grappin dessus.

Elle bailla. Réfléchir là-dessus, sur les "pourquoi", les "comment" et tout, ça allait lui griller le cerveau. On aviserait quand quelqu’un se pointerait. Si on l’avait amenée là, c’était pour quelque chose, donc quelqu’un allait bien devoir venir tôt ou tard. Le meilleur plan, c’était de foncer sur ce quelqu’un sans réfléchir. Comme ça, elle le surprendrait au moins un peu. Et même les sangliers, avec leurs centaines de kilos, se défendaient beeeaaaucoup moins bien quand on les prenait par surprise. Donc, un type vient, je lui balance mon poing dans la tronche, je sors mon couteau, je lui appuie doucement sur la gorge et hop, avec ça, n’importe qui répond à n’importe quoi.

Ce point étant réglé, Nihil observa encore un peu la pièce, à la recherche de quelque chose à faire. Grimper sur les murs ? Trop dur, et c’était même pas marrant. Défaire tous les lits en jetant les couvertures n’importe où pour se venger d'avoir été capturée ? Bof… inintéressant au possible. Ou bien…

*Oh ! Des bouquins ! *

Elle se rua soudain, Sko sur ses talons comme toujours, sur une bibliothèque de l’autre côté de la salle. Trop bien. Ca faisait un bout de temps qu’elle n’avait rien lu d’intéressant. Elle essayait de tout lire ce qui lui tombait sous la main, mais le plus souvent, c’était nul. L’autre jour elle avait ramassé un papier par terre et l’avait lu avidement, mais c’était juste un foutu prospectus pour le Parti d’elle-ne-savait-plus-trop-quoi. Un ramassis de calembredaines, d’ailleurs. Tous ces livres, ça l’attirait quand même un peu plus. Elle en tira un au hasard. Ah zut. C’était une langue… euh, un truc inconnu. De l’Anglais, probablement : il y avait des « the » et des « and » partout. Elle re-bailla (elle aurait sûrement dû dormir plus) et en chercha un en français.

« A… chacun… son… cer-veau… Plaaa… Plasticité… neu-ro-nale… et in-con-sci-ent… » lit-elle sur la couverture, en butant sur les mots. Chouette, un truc qu’elle ne connaissait pas et auquel elle ne comprenait rien. Ca au moins c'était stimulant. Elle ouvrit le volume, et entama la lecture d’une voix basse, qui prenait un peu d’assurance au fur et à mesure.

Absorbée, elle ne se rendit pas compte que quelqu’un était dans la pièce.
Sko releva brusquement la tête, lui donnant l’alerte. Fiente d’hirondelle. Quelle bécasse. Elle s’était laissée surprendre comme une débutante, et c’était à l’autre de profiter de l’effet de surprise, maintenant. Elle lâcha le livre, roula sur le côté, se releva dans une posture défensive, genoux fléchis, mit la main à sa ceinture pour attraper son poignard, jura avec un autre « Crotte de bouc » en s’apercevant qu’il n’était évidemment pas là, et cracha comme un chat avec le volume sonore d’un lion, s’apprêtant au combat.

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Plop !
Joëlann
Chef des Sorciers



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MessageSujet: Re: Réveil de Nihil   Mer 25 Juin - 13:34

[Message posté le Lun 15 Juil 2013, 18:32]
Huit heure trente-cinq. Joëlann venait à peine d'ouvrir les yeux pour regarder son réveil-matin lorsqu'elle réalisa avec effroi qu'elle allait être en retard pour accueillir la dernière rescapée de la C.A.T., si l'on se fiait bien sûr à la limite d'efficacité du sédatif. Et, dois-je le préciser, une Joëlann en retard était aussi susceptible d'arriver que la véritable fin du monde.

Le pourquoi de ce retard, car oui il y avait une raison à tout ce remue-ménage en ce bel avant-midi de juillet, consistait dans le fait qu'elle était rentrée de mission aux petites heures de la nuit et qu'elle arrivait de l'autre bout du monde. En temps normal, lors de situations plus ou moins similaires, elle n'aurait eu aucun ou très peu de problèmes à se réveiller et à commencer sa journée. Elle était habituée à cette vie et aux inconvénients que son travail engendrait. Mais les dernières missions qu'elle avait effectuées pour le compte de la C.A.T. avaient été plus difficiles et plus exigeantes; les agents de la W.E.F. semblaient être partout, prêts à tout pour avoir la peau des Catiens et de leurs défenseurs. Quoi qu'il en soit, cela ne justifiait en rien son comportement et ce n'était pas digne du tout de son rôle de chef de race.

Dans sa panique, le cœur battant la chamade, l'humaine avait attrapé ses vêtements de la veille tout en jurant, chose rarissime, en français. Fort heureusement, son pantalon noir et sa chemise vert émeraude n'étaient pas froissés, enfin pas suffisamment pour en parler... Attrapant une pince à cheveux, elle avait remonté à la vitesse grand V son épaisse crinière rousse tout en avalant les marches la menant de la zone réservée aux Sorciers de la base à son bureau et, ensuite, de son bureau à la salle de réveil.

Jetant un coup à sa montre une fois rendue devant la porte de la salle, la Sorcière de l'air avait repris contenance et tenté de ralentir son rythme cardiaque et son souffle. Elle ne voulait pas avoir l'air de débouler dans la pièce comme si elle avait eu un dragon aux fesses ! Deux minutes, non une minute trente secondes plus tard, la Sorcière avait abandonné l'idée de calmer totalement ses battements cardiaques et avait préféré déverrouiller la porte de la salle de réveil pour y pénétrer.

Évidemment, l'Elfe nouvellement arrivée était déjà éveillée et elle feuilletait même un livre dans la grande bibliothèque de la pièce ! Enfin, lire semblait un grand mot. La femme donnait l'impression de savoir lire, mais pas de manière fluide. De toute manière, était-ce vraiment important ? Et, tandis que l'humaine se faisait cette réflexion, l'Elfe s’aperçut de sa présence.

La suite des évènements rappela à Joëlann deux autres accueils mouvementés dont elle s'était occupée il y a quelques années déjà... Regarder la nouvelle rouler sur le côté puis prendre une posture de défense ne choqua pas la responsable des Sorciers. Pas plus que le fait que l'Elfe tentait de trouver le couteau qui lui avait été confisqué lors de son admission à la base. Une fois que cette dernière eut juré, craché à la manière des félins et hurlé toute sa colère, Joëlann s'adressa à elle en français. Même si elle n'avait pas participé à la capture de l'Elfe, la Sorcière savait que la jeune femme venait de France. Néanmoins, par souci d'éviter tout problème, Joëlann lança son bouclier devant elle sans esquisser le moindre geste, séparant ainsi la pièce en deux. Reprenant donc le contrôle de la situation, l'humaine engagea la conservation. Sa voix était égale et son ton courtois. Toutefois, des cernes soulignaient ses yeux verts.


« Bonjour mademoiselle. Bienvenue à la C.A.T. Je m'appelle Joëlann Tsuki. »

Une courte pause lui suffit pour regarder plus attentivement la nouvelle.

« On m'a rapporté que vous l'aviez échappé belle à Fontainebleau. Il faut dire que la W.E.F. ne fait pas vraiment dans la dentelle... »
Nihil
Elfe

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MessageSujet: Re: Réveil de Nihil   Mer 25 Juin - 13:36

[Message posté le Mer 17 Juil 2013, 17:43]
Après avoir sauté sur ses pieds comme un diable en boîte, Nihil prit quelques secondes pour découvrir qui se tenait devant elle, ses yeux plissés remplis de méfiance. C’était une femme, à première vue humaine. Elle tressaillit légèrement quand elle entrevit une ondulation dans l’air de la pièce ; l’air entre leurs deux corps sembla s’obscurcir, s’opacifier. Ça lui rappelait vaguement quelque chose, un souvenir perdu au fin fond de sa mémoire, mais elle ne put mettre le doigt dessus.
Elle décida de passer outre ; ce n’était pas le plus important au moment présent.

« Bonjour mademoiselle », dit la femme. « Bienvenue à la C.A.T. Je m'appelle Joëlann Tsuki. »

Nihil sursauta légèrement en l’entendant parler pour se présenter, puis se détendit un peu, relâchant les muscles de ses bras. Normalement, les gens ou les animaux n’agressaient pas juste après avoir tenté un contact de ce genre. La prudence s’imposait toutefois : l’arrivante ne l’avait pas attaquée, alors qu’elle aurait eu tout le temps de le faire, mais cela pouvait tout simplement indiquer sa confiance en ses capacités. L’inconnue marqua une pause pour l’examiner, et Nihil en profita pour l’imiter. Elle portait une chemise verte qui mettait parfaitement en valeur son épaisse chevelure rousse, remarqua l’elfe. Elle semblait très légèrement essoufflée, le cœur battant, pas encore très réveillée – comme si elle avait été tirée précipitamment du lit – et carrément fatiguée. Des cernes tombaient sous ses beaux yeux du même vert que son vêtement, plus clair que ceux de l’elfe.

La prénommée Joëlann reprit la parole d’une voix neutre et égale, courtoise, semblant désireuse de mettre l’elfe à l’aise :
« On m'a rapporté que vous l'aviez échappé belle à Fontainebleau. Il faut dire que la W.E.F. ne fait pas vraiment dans la dentelle... »

Le W.E.F ? Le Oueuf ? Et elle avait dit autre chose avant… La Céhaté ? Nihil fronça les sourcils. Inconnu au bataillon. L’acronyme CAT lui disait quelque chose… un truc du genre « Centre d’Aide par le Travail »… Ils l’avaient arrêtée pour vagabondage, peut-être, et voulaient l’obliger à travailler ? Un peu étrange, ça ne correspondait pas à l’enchaînement des évènements. Bon. Elle ne semblait pas chercher la bagarre. Nihil recula d’un pas et se détendit complètement, prenant une posture adaptée à une conversation civilisée. L’humaine était plus petite qu’elle, fatiguée et essoufflée. Cela conférait d’emblée l’avantage à l’elfe, endurcie à la vie au grand air, si les choses tournaient mal. Vu que le combat ne semblait cependant pas être à l’ordre du jour, Nihil décida que finalement, il serait malvenu de sauter sur une personne dépourvue d’animosité ; mieux valait discuter, même si elle était moins douée pour cela.

Discuter. Elle se mordit la lèvre. Elle avait toujours eu la désagréable impression que même Sko le renard était plus doué qu’elle pour ce genre de chose… Elle réfléchit à toute vitesse, rassemblant ses connaissances et ses expériences. Première chose à faire dans ces cas-là : essayer de mettre l’autre en confiance. Euh… si c’était pareil qu’avec les animaux, cela voulait dire masquer au moins en partie sa dangerosité et sa force. Donc, euh… se rendre plus petit, peut-être ? Elle était plus grande que cette Joëlann… Elle s’accroupit maladroitement sans la quitter des yeux, un peu ridicule, posant une main sur le dos de Sko pour y chercher de l’assurance. Ses contacts avec le reste des bipèdes avaient toujours été réduits au strict minimum (trouver un chapeau, des vêtements… mais pour ça on n’a pas besoin de parler, à part si l’on se fait attraper en train de voler, ce qui ne lui était jamais arrivée. Elle était trop douée pour se faire prendre à chiper quelque chose). Qu’est-ce qu’on doit faire, normalement, avec les humains, sinon? Déjà, répondre. Bon. Elle avait dit bonjour.

« Bonjour, moi c’est Nihil », tenta cette dernière, un semblant de sourire timide effleurant furtivement le bout de ses lèvres. Première étape accomplie. Sko avança de quelques pas pour venir renifler prudemment cette Joëlann Tsuki – sa façon à lui de dire bonjour –, mais à leur grande surprise à tous deux, il fut contraint de s’arrêter au milieu du chemin, bloqué par un mur invisible.

Immédiatement, Nihil se releva à moitié et reprit une attitude défensive. Si on ne jouait pas franc-jeu avec elle…

« C’est quoi, ça ? » demanda-t-elle d’une voix qui avait repris une teinte méfiante, accompagnant ses paroles d’un geste large qui englobait l’humaine, la barrière invisible, la pièce blanche et désagréable, et l’ensemble de ce qui s’était passé depuis sa capture. Puis, après quelques secondes, constatant que la phrase qu’elle avait prononcée n’était pas très explicite (c’était tellement plus simple de communiquer avec les animaux…), elle détailla un peu plus sa pensée, d’une voix rapide, passant d’une chose à l’autre dans une avalanche de questions.

« Euh… qui êtes-vous ? Je veux dire, pas votre nom, mais le reste… Et où est-ce que je suis ? Et pourquoi je suis là ? Et qui étaient tous ces gens à Fontainebleau ? Vous semblez mieux le savoir que moi… Vous étiez là ? Je ne me souviens pas des visages des gens qui étaient dans la voiture… J’ai pas eu le temps de mémoriser. Pourtant j’ai une bonne mémoire visuelle d’habitude, mais tout est devenu flou très rapidement. J’ai pas compris pourquoi d’ailleurs. Le type à lunette semblait m’en vouloir, pour une raison ou une autre, mais les autres semblaient plutôt vouloir m’aider, alors j’ai pas compris pourquoi on m’a endormie. Et qu’est-ce que c’est que ce… cette barrière bleutée là ? Vous me croyez dangereuse ? Je dois être enfermée ? Ou bien vous êtes là pour faire des tests médicaux sur moi ? A cause de ce que je suis (elle se tordit une oreille en disant cela) ? J’ai toujours respecté les humains, même si je les connais pas très bien ; alors y a pas de raison pour m’en vouloir. »

Elle avait tout débité d’une traite, s’arrêtant à peine pour respirer. Bon. Elle avait eu peur de ne pas réussir à prononcer une phrase construite. Elle avait plutôt trop parlé... Mais elle avait besoin de savoir.



[Désolée pour le délai... et pour mon faible esprit de synthèse... ><"]

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Joëlann
Chef des Sorciers



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MessageSujet: Re: Réveil de Nihil   Mer 25 Juin - 13:38

[Message posté le Mar 30 Juil 2013, 14:45]
Le début de confiance démontré par Nihil fut rapidement remplacé par de la méfiance lorsque son totem renard se buta contre le bouclier d'énergie de la chef des Sorciers. Joëlann ne put s'empêcher de penser que, si à la base, le bouclier des Sorciers était considéré comme un symbole de protection et de sécurité, dans ce cas-ci, il revêtait plutôt une image mauvaise. Il devenait cette barrière qui minait la confiance entre les deux parties en présence.

Afin de calmer le jeu, la Sorcière de l'Air choisit de se mettre plus en danger, enfin de montrer qu'elle pouvait aussi être en situation plus vulnérable. Par ailleurs, la femme Elfe venait de lui poser une série de questions sans même prendre le temps de respirer convenablement. Ces questions, Joëlann devrait y répondre, elle le savait. Cela faisait partie de sa routine d'accueil. Néanmoins, pourquoi ne pas le faire de manière plus confortable que de rester debout sur un plancher en carreaux de céramique ?


« Et si nous allions nous assoir pour discuter ? » Demanda l'humaine toujours en français.

En signe de bonne foi, elle abaissa totalement son bouclier le faisait ainsi disparaître et laissant la voie libre au totem de venir vers elle. Joignant le geste à la parole précédemment dite, Joëlann s'avança vers l'un des lits libres pour y prendre place. Toutefois, au lieu de s'assoir sur le premier lit de la pièce, celui se trouvant le plus près d'elle, la Sorcière préféra passer à côté de Sko et de Nihil, leur tournant de cette manière le dos et s'exposant à n'importe quelle attaque de ces derniers. Une fois l'Elfe et le totem dépassés, l'humaine laissa un lit entre celui où elle prit place et celui où ses nouvelles recrues se trouvaient quelques minutes plus tôt. Assise les pieds dans le vide et les mains posées sur le bord du lit, la chef les invita à faire de même, à s'assoir sur leur lit.


« Étant donné vos multiples questions, je vais tenter d'y répondre le plus précisément possible. » Inspirant un bon coup, Joëlann se lança. « La C.A.T. est un acronyme signifiant "Créatures anonymes de la Terre". Il s'agit dans les faits d'une organisation secrète qui a pour but de protéger les gens différents des humains dits ordinaires. Par gens différents, j'entends créatures et, par créatures, les Anges, les Elfes, les Fées, les Sorciers et les Vampires. Comme vous vous en doutez sûrement, nous les créatures, ne sommes pas nécessairement bien tolérées par tous les humains normaux. C'est pourquoi celui qui dirige actuellement la C.A.T. a décidé de créer cette base souterraine afin de nous permettre de vivre nos vies sans danger et de développer nos pouvoirs et nos capacités respectives.

Par ailleurs, certains humains détestent à ce point ce que nous sommes qu'ils ont créé la W.E.F., une autre organisation secrète qui est notre ennemi juré. La W.E.F. signifie "Who ever finds", soit "Celui qui trouve". La W.E.F. n'a aucune pitié et souhaite notre extermination pure et simple. Plus vite nous disparaîtrons, plus vite ils seront heureux. Ils se croient par ailleurs supérieurs à nous, car ils sont des humains pure souche, ce qui est carrément des foutaises si vous voulez mon avis.

L'homme armé à Fontainebleau était un agent de la W.E.F. S'il vous avait attrapé, il vous aurait soit tuée sur le champ soit torturée, puis tuée. Quant aux gens dans la voiture, il s'agissait de nos agents. Pour ma part, je n'y étais pas, mais j'ai lu le rapport de votre capture. En ce qui a trait à vos souvenirs si flous une fois monté dans la voiture est simple : nous vous avons administré un sédatif. Tout nouvel arrivant reçoit un sédatif à sa capture avant d'être transporté dans nos locaux. Car, même si nous vivons sous la terre, à l'abri des regards, seules les personnes autorisées à partir en mission (comprendre : à avoir le droit d'aller à l'extérieur) savent où se trouvent réellement la base de la C.A.T. Les autres Catiens (c'est ainsi que nous nommons les habitants de cette base) n'ont aucune idée où ils se trouvent sur Terre. Nous avons toujours fonctionné de cette manière et cela permet de nous protéger et de vous protéger.

Comme je l'ai très rapidement mentionné au début de mes explications, il existe cinq races de créatures non totalement humaines. Ces races possèdent des pouvoirs et des facultés hors du commun qui leur sont propres. Pour ma part, je suis une Sorcière, affiliée à l'élément Air, et cette barrière bleutée est ce que nous appelons un bouclier. Il s'agit de l'un des pouvoirs particuliers des Sorciers. En outre, pour chacune des races, un chef est nommé. Je suis la chef des Sorciers et je suis la principale responsable des accueils des nouveaux arrivants ce qui explique pourquoi c'est moi que vous rencontrez en premier au lieu de votre chef de race.

Je vous rassure tout de suite, aucun test ne sera pratiqué sur votre personne. Vous êtes ici, à la C.A.T., pour votre protection et pour apprendre à connaître et développer vos pouvoirs. Également, au cas où vous vous poserez la question, la base est conçue de manière à ce que chacune des races ait un espace qui lui est réservé, et cela, en plus des zones communes à toutes les créatures.

Bon, je crois avoir fait le tour de vos questions. Avez-vous d'autres interrogations ou besoin de précisions ? »


Se taisant finalement, Joëlann fit passer son regard de Nihil à Sko, accordant la même importance à l'un comme à l'autre. La Sorcière avait remarqué au fil du temps que les gens avaient tendance à trouver moins important le totem que la créature et, pourtant, ces deux êtres constituaient une seule et même entité. Et que dire de leur destin à ce point lié...
Nihil
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MessageSujet: Re: Réveil de Nihil   Mer 25 Juin - 13:41

[Message posté le lun 5 Aoû 2013, 09:14]
« Et si nous allions nous assoir pour discuter ? » dit la femme après avoir écouté patiemment Nihil déblatérer ses questions.

L’air sembla redevenir normal autour d’elle. La couleur bleutée avait disparu ; Sko leva une patte et fouetta maladroitement l'air devant lui, mais ne rencontra rien qui bloque son chemin. La dénommée… Joëlann Tsuki (Nihil s’étonnait d’avoir retenu si bien le nom ; d’habitude, sa mémoire nécessitait qu’on lui rappelle les noms au moins deux ou trois fois avant qu’elle n’imprime dans sa petite tête) n’attendit pas la réponse de l’elfe, et lui passa devant en lui tournant le dos. Un instant, Nihil hésita à lui asséner un coup dans la nuque du tranchant de la main. Une occasion comme celle-ci ne se présenterait certainement pas, et si elle souhaitait s’échapper, mieux valait mettre cette humaine hors d’état de nuire, et lui prendre les clefs de la salle, qu’elle avait certainement sur elle. L’elfe avait presque esquissé un geste pour lever sa main, invisible à sa proie, mais se reprit, et baissa rapidement son bras. Elle n’allait pas s’abaisser à attaquer un humain par derrière. Elle possédait un certain sens de l’honneur, tout de même. D'ailleurs, peut-être était-ce même pour cette femme une manière de montrer qu’elle n’avait pas d’intention belliqueuse. Entre Sko et Nihil, c’était bien souvent même une marque de la confiance aveugle qu’ils se portaient l’un pour l’autre. Elle-même n’aurait pour rien au monde abandonné son dos au premier venu. Question de survie.

L’humaine laissa un large espace entre eux en s’asseyant sur un lit, ses pieds ne touchant pas le sol. L’elfe répondit à l'invitation qu'elle avait formulé en s’asseyant en tailleur sur le lit dans lequel elle s’était réveillée, croisant les bras et secouant la tête pour disperser les tresses qui balayaient son visage ; puis elle darda ses yeux sur l’inconnue, immobile comme une statue. Sko s’assit à même le sol, oreilles dressées avec attention, la fixant de la même manière, prêt à réagir au moindre geste suspect ou à n’importe quelle indication de Nihil.

La femme inspira, puis se lança.


« Étant donné vos multiples questions, je vais tenter d'y répondre le plus précisément possible. La C.A.T. est un acronyme signifiant "Créatures anonymes de la Terre". Il s'agit dans les faits d'une organisation secrète qui a pour but de protéger les gens différents des humains dits ordinaires. Par gens différents, j'entends créatures et, par créatures, les Anges, les Elfes, les Fées, les Sorciers et les Vampires. »

L’elfe eut de multiples réactions à l’écoute de cette première explication. La société par qui elle avait été capturée, la CAT, prétendait donc la protéger. Bon ben merci bien. Elle espérait que c'était vrai ; les humains avaient souvent tendance à mentir, elle avait l'impression. A la mention des Anges, Nihil sentit poindre la curiosité, de même qu’à la mention des Vampires, même si ceux-ci l’inquiétaient un peu. Elle n’avait jamais rencontré d’Anges ou de vampire ailleurs que dans les histoires qu’elle avait lu ou qu’on lui avait raconté. Le régime sanguin des Vampires comprenait-il le sang elfique ? Elle espérait que non… A la mention des fées, elle sursauta et eut un coup au cœur. Penser à sa grand-tante lui était encore douloureux, après ces centaines d’années… Certes, elle avait déjà eu l’occasion de rencontrer deux autres fées, mais la rencontre avait été trop passagère pour qu’elle se souvienne vraiment d’elles… Leurs noms s’étaient déjà effacés, seul restaient vaguement leurs visages, mais la seule personne à laquelle elle pensait présentement était celle qui l’avait recueillie et qui avait constitué sa famille pendant la majeure partie de son enfance. Lorsque l’humaine mentionna les Sorciers, Nihil tressaillit une nouvelle fois ; mais le sentiment qui l’animait était beaucoup plus confus que la nostalgie qu’elle éprouvait pour la fée. Elle sentit renaître en elle cette méfiance, cette antipathie et cette colère diffuse et pas forcément entièrement justifiée qu’elle éprouvait pour les gens comme sa mère.

L’humaine ne prit pas le temps d’analyser ses réactions et poursuivit son explication.


« Comme vous vous en doutez sûrement, nous les créatures, ne sommes pas nécessairement bien tolérées par tous les humains normaux. C'est pourquoi celui qui dirige actuellement la C.A.T. a décidé de créer cette base souterraine afin de nous permettre de vivre nos vies sans danger et de développer nos pouvoirs et nos capacités respectives.
Par ailleurs, certains humains détestent à ce point ce que nous sommes qu'ils ont créé la W.E.F., une autre organisation secrète qui est notre ennemi juré. La W.E.F. signifie "Who ever finds", soit "Celui qui trouve". La W.E.F. n'a aucune pitié et souhaite notre extermination pure et simple. Plus vite nous disparaîtrons, plus vite ils seront heureux. Ils se croient par ailleurs supérieurs à nous, car ils sont des humains pure souche, ce qui est carrément des foutaises si vous voulez mon avis. »


L’elfe acquiesça silencieusement. Elle avait été témoin de la méfiance et de la peur des humains pour tout ce qui leur est différent ou bien qu’ils ne comprennent pas. Même lorsqu’elle leur avait sauvé la vie, elle s’était aperçu que la plupart des hommes et des femmes lui avait certes témoignée de la gratitude, mais en quelque sorte teintée d’effroi. Qu’en aurait-il été dans des circonstances moins favorables ? Elle pouvait aisément l’imaginer. Tout autant qu’elle pouvait imaginer que certains humains pouvaient la haïr de toute leur âme, puisqu’elle avait pu parfois observer qu’ils se haïssaient parfois entre eux pour des différences moins grandes que celles qui la séparaient de l’humanité « pure souche », comme l’appelait Joëlann Tsuki.

« L'homme armé à Fontainebleau était un agent de la W.E.F. S'il vous avait attrapé, il vous aurait soit tuée sur le champ soit torturée, puis tuée. Quant aux gens dans la voiture, il s'agissait de nos agents. Pour ma part, je n'y étais pas, mais j'ai lu le rapport de votre capture. En ce qui a trait à vos souvenirs si flous une fois monté dans la voiture est simple : nous vous avons administré un sédatif. Tout nouvel arrivant reçoit un sédatif à sa capture avant d'être transporté dans nos locaux. »

Ici Nihil fit une grimace. Elle détestait savoir que son corps ou son esprit subissait l’emprise d’un produit, quel qu’il soit. Même si c’était avec des intentions louables. Si l’humaine remarqua sa moue, elle ne le montra pas et continua.

« Car, même si nous vivons sous la terre, à l'abri des regards, seules les personnes autorisées à partir en mission (comprendre : à avoir le droit d'aller à l'extérieur) savent où se trouvent réellement la base de la C.A.T. Les autres Catiens (c'est ainsi que nous nommons les habitants de cette base) n'ont aucune idée où ils se trouvent sur Terre. Nous avons toujours fonctionné de cette manière et cela permet de nous protéger et de vous protéger.
Comme je l'ai très rapidement mentionné au début de mes explications, il existe cinq races de créatures non totalement humaines. Ces races possèdent des pouvoirs et des facultés hors du commun qui leur sont propres. Pour ma part, je suis une Sorcière, affiliée à l'élément Air, et cette barrière bleutée est ce que nous appelons un bouclier. »


Sursaut et nouvelle grimace, fort peu polie. Celle qui se trouvait devant elle était donc une sorcière. Nihil décroisa nerveusement les bras et posa les mains sur ses draps, les serrant à poings fermés. Mais elle se força à finir d’écouter attentivement les dernières explications de la sorcière, ravalant le feulement rauque qui voulait naître au fond de sa gorge.

« Il s'agit de l'un des pouvoirs particuliers des Sorciers. En outre, pour chacune des races, un chef est nommé. Je suis la chef des Sorciers et je suis la principale responsable des accueils des nouveaux arrivants ce qui explique pourquoi c'est moi que vous rencontrez en premier au lieu de votre chef de race.
Je vous rassure tout de suite, aucun test ne sera pratiqué sur votre personne. Vous êtes ici, à la C.A.T., pour votre protection et pour apprendre à connaître et développer vos pouvoirs. Également, au cas où vous vous poserez la question, la base est conçue de manière à ce que chacune des races ait un espace qui lui est réservé, et cela, en plus des zones communes à toutes les créatures.
Bon, je crois avoir fait le tour de vos questions. Avez-vous d'autres interrogations ou besoin de précisions ? »


Sans quitter son interlocutrice des yeux, Nihil pencha la tête sur le côté et réfléchit. Si elle comprenait bien, sa liberté était en partie abolie. Pour son bien, toutefois. Elle n’avait pas le droit de savoir dans quelle région du monde elle était. C’était pour elle une idée assez vertigineuse que de savoir qu’elle n’était probablement plus en France. Elle n’avait pour ainsi dire jamais quitté le territoire français, à part une brève incursion en Suisse vers les années 1940. Elle n’avait jamais pris ni avion, ni train, ni hélicoptère, ni bus, ni autocar. Elle pouvait compter sur les doigts de deux mains le nombre de fois où elle avait pris l’automobile. Elle avait quasiment toujours voyagé à pied, à travers une grande partie de la France, de la Bretagne à l'Alsace et du Nord Pas-de-Calais aux Pyrénées. Et d’un seul coup, elle se retrouvait propulsée elle ne savait trop où, dans un lieu qui n’existait sur aucune carte. Cette pensée la troublait.

Des interrogations ? Oui, elle en avait un certain nombre, qui se bousculaient dans sa tête. Elle essaya de restreindre ses questions aux plus essentielles, selon elle.


« Ben, euh, oui, j’ai quelques questions… Vous avez fait comment pour me repérer parmi tous ces humains (elle faisait pourtant tout son possible pour se fondre dans la masse) ? Est-ce que les gens sont très très nombreux ici ? Hmm… Et puis, euh… On est enfermé sans voir ni ciel ni forêt, ici ? Et le vent et le soleil et la pluie ? Y a pas ? Et pas de bêtes ? On peut pas chasser ? C’est une cantine qui nous nourrit ? (Nihil avait entendu plusieurs fois des gens parler de leur cantine lorsqu’elle marchait dans les rues. C’était presque toujours pour se plaindre de la faible qualité de la bouffe…) Y a pas de chasse possible ? »

Elle fit une petite moue. Si elle terminait là-dessus, elle allait juste passer pour une goinfre qui ne pense qu’à manger.

Elle réfléchit une seconde, puis rajouta :

« Et y a une grosse bibliothèque ? Et les gens sont censés parler quelle langue ici ? (elle même ne parlait que le Français, et quelques mots de divers patois de plusieurs régions) »

Bon, elle avait parlé du minimum vital. Le reste pouvait certainement attendre. Ah non. Encore un truc qu'elle avait oublié, et dont elle venait de se rappeler en faisant un léger mouvement qui avait mis en valeur le poids manquant à sa ceinture.

« Et puis mon poignard ? » Sa voix se fit soudain plus inquiète. « C'est bien vous qui l'avez, hein? Je l'ai pas perdu, non? Et puis un pistolet, mais ça c'est moins grave... » (Elle n'était pas spécialement douée avec une arme à feu).

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Joëlann
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MessageSujet: Re: Réveil de Nihil   Mer 25 Juin - 13:44

[Message posté le Sam 24 Aoû 2013, 11:18]
Elle avait des interrogations supplémentaires et cela était bien normal. Afin de bien répondre à ses nouvelles questions, Joëlann écouta attentivement l'Elfe. Toutefois, l'avalanche de questions la prit un peu par surprise. La Sorcière dut faire le tri dans la quantité d'informations à donner avant de répondre.

« Premièrement, en ce qui concerne votre capture, nous avons un système très poussé de recherche et, en plus de nos agents qui vont à l'extérieur et qui peuvent ainsi nous rapporter d'autres cas de créatures à sauver, nous avons des informateurs sur Terre.

Ensuite, pour ce qui est de sa dimension, la C.A.T. est capable d'accueillir plusieurs milliers de personnes. Quant à la distribution de l'espace, la base est séparée en six étages (incluant le rez-de-chaussée). Au second sous-sol, il y a un espace « extérieur » (appelé le cloître extérieur justement) qui a été ajouté. C'est d'ailleurs dans cette zone que les habitations des Elfes et des Fées se retrouvent. Il y a également une clairière, un lac, un parc et une forêt. C'est à cet endroit que vous pourrez voir le soleil. Il va sans dire que, puisque nous sommes sous terre, il s'agit d'un soleil artificiel. Il n'empêche que l'environnement du cloître extérieur, hormis le soleil, le ciel et le vent, est totalement vrai. Il y a de vrais arbres et de vraies plantes. Encore une fois, la C.A.T. a bénéficié d'un système particulier et très poussé pour reproduire la véritable nature les diverses conditions climatiques. Et, jusqu'à maintenant, personne ne s'est plaint de ce « faux » extérieur, je peux vous l'assurer.

Au deuxième sous-sol vous trouverez aussi le réfectoire. C'est à cet endroit que les gens se nourrissent. Étant donné vos particularités alimentaires, nous avons un espace réservé pour les Elfes afin que ces derniers puissent chasser et cueillir leur propre nourriture. Ne soyez pas inquiète.

Lorsque nous sortirons de la salle de réveil, je vous ferai faire une visite guidée des lieux. Pour ce qui est de la bibliothèque, elle est située sur le même étage que nous et, oui, elle est très grande. Elle regorge d'une multitude de livres.

La langue officielle à la C.A.T. est l'anglais. Toutefois, les gens parlent diverses langues. Il y a en outre des personnes qui donnent des cours de langue. »


Prenant une bonne respiration avant de conclure avec la réponse à la dernière question de Nihil, Joëlann fit une pause.

« Oui, c'est nous qui avons vos armes. Elles vous ont été confisquées à votre arrivée à la base. Il s'agit de la procédure habituelle. Personne n'est autorisé à se promener dans l'enceinte de la C.A.T. armé, notamment parce que nous recueillons aussi de jeunes enfants. Elles sont actuellement dans un casier à votre nom. »

Se taisant à nouveau, la chef des Sorciers de la base attendit la suite.
Nihil
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MessageSujet: Re: Réveil de Nihil   Mer 25 Juin - 13:46

[Message posté le Ven 30 Aoû 2013, 06:43]
Nihil regarda le carrelage de céramique avec un regard morne, et suivit des yeux les interstices dans le pavement. Elle avait brusquement envie de se lever et de courir. A force de rester allongée ou assise, évidemment. Elle avait pas l’habitude de rester deux minutes sans rien faire de ses mains ou de ses pieds. Après avoir exprimé toutes ses interrogations (principalement culinaires et gastronomiques), elle reposait sa langue et son esprit du difficile exercice rhétorique auquel elle avait dû se livrer. Ca faisait tout de même un bout d’temps qu’elle n’avait pas autant causé, quand même. La crampe du muscle lingual la guettait.

Pendant qu’elle se livrait à ce passionnant exercice de contemplation silencieuse et pensive du sol, la sorcière en profita pour faire le tri dans ses questions et rassembler ses idées.

L’humaine lui donna quelques précisions sur la C.A.T et la manière dont ses agents faisaient leur boulot, s’attaquant juste après à lui donner quelques précisions géographique sur le lieu – Nihil se faisait confiance pour oublier aussitôt ces dernières… elle conterait sur son odorat pour trouver les arbres, l’eau et le manger.

Malgré les tentatives de son interlocutrice pour la rassurer, cela troublait Nihil de se dire qu’elle passerait les prochaines années de sa vie en intérieur, dans une sorte de bocal artificiel. Elle réprima une moue dubitative, tout en s’apercevant qu’elle avait apparemment accepté l’idée de rester ici ; les projets d’évasion avaient avorté dans son esprit, et elle ne pensait plus qu’à la manière dont elle allait pouvoir s’adapter. Se connaissant, elle n’aurait sans doute pas dû s’inquiéter outre mesure : elle avait su s’accommoder des conditions extrêmes (froid, faim, fatigue, blessures, marche forcée…) qu’elle avait vécu toujours avec Sko, son totem, et parfois avec des connaissances passagères. Quelque chose lui disait qu’à côté des lieux et des êtres qu’elle avait fréquentés à certains moments de sa vie, la C.A.T pouvait être un nid passablement douillet. Elle attrapa l’oreiller du lit et le serra contre elle, encore plus fort que si l’oreiller avait été Sko (encore heureux que ce n’était qu’un oreiller, sinon le pauvre aurait eu les yeux qui lui serait sorti de la tête [exophtalmie x’D mais je laisse les mot savoureux à Ajartiel et n’essaie pas de lutter avec lui]).


*C’est quand même cool les oreillers*, pensa-t-elle, dans une réflexion hautement philosophique et propre à élever son âme, sans cesser de prêter une oreille attentive à Joëlann Tsuki.

La chef des sorcières parla ensuite de manière plus poussée de tout ce qui touchait à la boustifaille. Nihil en fut presque complètement rassérénée. Un léger gargouillis de son ventre lui rappela qu’elle avait passé de longues heures sans se sustenter, elle qui était habituée à manger dès qu’elle trouvait quelque chose de comestible – souvenir des hivers les plus rudes qu’elle avait vécus.

La description –assez sommaire – de la bibliothèque fit monter des étoiles dans les yeux de l’elfe, qui regarda la sorcière avec une admiration et une avidité d’apprendre sans borne, qu’elle n’aurait jamais pensé éprouver un jour pour un représentant des sorciers. Elle serait très certainement capable de manger à la cantine rien que pour récupérer le temps qu’elle passait habituellement en quête de nourriture à fouiner au milieu des bouquins. Elle aimait bien l’odeur du papier. Ca lui rappelait des souvenirs d’enfance, très lointains, quand sa Grande-Tante lui avait appris à lire, notamment, Nihil se souvint, dans un livre en latin (elle n’y comprenait rien, bien évidemment), mais c’était censé l’exercer à prononcer les lettres qui dans cette langue bien faite, n’était jamais muette à la différence du français (c’était surtout que la fée avait récupéré ce livre dans une abbaye, ayant entendu des rumeurs comme quoi les républicains allaient tout casser). Nihil n’avait pas vraiment vu l’intérêt de la méthode, et la fée avait vite arrêté cet apprentissage fastidieux et inutile en s’apercevant que ça ne servait strictement à rien (la jeune elfe avait tout de même appris et retenu trois mot en latin : nihil, omnius et dominus. Des trucs faciles à caser dans une conversation quoi.).

Nihil eut un petit sursaut lorsque Sko tourna brusquement la tête vers elle, la regardant avec sa tête de « arrête de rêvasser ». Fallait pas qu’elle se laisse aller à revenir deux cents ans en arrière.


« Oui, c'est nous qui avons vos armes, » reprit la voix de Joëlann. « Elles vous ont été confisquées à votre arrivée à la base. Il s'agit de la procédure habituelle. Personne n'est autorisé à se promener dans l'enceinte de la C.A.T. armé, notamment parce que nous recueillons aussi de jeunes enfants. Elles sont actuellement dans un casier à votre nom. »

Nihil haussa un sourcil en penchant la tête. Quelque chose avait dû lui échapper. On lui autorisait la chasse, mais pas le port d’arme… Le pistolet, elle s’en fichait un peu, mais pour préparer une bête, ça allait être dur sans son poignard. Elle n’osa pas insister. Et elle ne comprit pas l’histoire des enfants : ils avaient peur qu’elle en égorge un ? Non mais oh mais elle était pas une psychopathe quand même. Au contraire, les enfants étaient plus faciles à vivre que les adultes, plus naturels. Avant un certain âge, il est vrai. Ou sinon, ils avaient peut-être peur que l’un d’eux n’attrape son poignard et ne se blesse. Ben dis donc. Elle, elle avait eu son couteau à 6 ans et demi, quand sa Grande Tante lui avait refilé la lame qui avait appartenu à son père, et que sa mère lui avait léguée. Elle s’était pas tellement coupée avec. Juste une ou deux fois. Ou un peu plus. Mais rien de bien méchant. Elle était vivante, quoi. Bref.

Pour l’histoire de la chasse c’était tout de même embêtant.


*Je vais devenir végétarienne, c’est pas grave… Et puis au pire je chiperai quelques prises à Sko. En espérant que faire du feu est autorisé, parce que je n’ai pas spécialement envie de viande crue… Beuh.* Les mauvais souvenirs affluaient.

L’elfe laissa passer quelques secondes dans un silence seulement troublé par le zzzzzzzzzbingzzzzzbing du néon dysfonctionnel au plafond. Le silence ne l’avait jamais dérangée, mais elle savait que pour les humains, c'était quelque chose qui pouvait les mettre mal à l’aise. Elle chercha autre chose à dire. Ne trouva pas.


« Ben voilà voilà », réussit-elle à dire. Waaah. Ca en jetait, ça. Ahem. « Enfin j’crois que vous avez dit le principal. Merci beaucoup. »

Elle lui fit un large sourire, de ceux qu’elle donnait rarement. Elle balança l’oreiller en tête de lit et se remit en position accroupie sur les draps. Sko, d’un commun accord avec l’elfe se leva et s’ébroua, attendant la suite.


[Ben voilà voilà... x')]

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Joëlann
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MessageSujet: Re: Réveil de Nihil   Mer 25 Juin - 13:48

[Message posté le Jeu 5 Sep 2013, 17:20]
Après le haussement de sourcils quelque peu interrogatif, du moins c'est ce qu'il sembla à la Sorcière, Joëlann crut bon de préciser légèrement son explication. Mais avant qu'elle n'ouvre à nouveau la bouche, l'Elfe la remercia. La chef répondit à son sourire par un sourire tout aussi chaleureux et se leva à l'instar de Sko, le totem de Nihil.

« Je vais commencer par vous conduire à votre chef de race afin qu'il vous explique plus en détail le fonctionnement de la base et la vie qui vous attend ici à la C.A.T. J'espère que vous vous y plairez. »

Indiquant l'une des deux portes de la main, la Sorcière de l'air passa devant l'Elfe nouvellement arrivée et déverrouilla la porte.

« Si vous voulez bien me suivre. »
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