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 Dieter Braun – Ange

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Dieter
Ange

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Points : 270
Messages : 54
MessageSujet: Dieter Braun – Ange   Mer 5 Mar - 12:25

Nom : Braun

Prénom : Dieter

Surnom : Di’ [Lady Di’ aussi… si vous voulez vous faire haïr.]

Age : il est mort à 19 ans, mais fait vraiment jeune pour son âge (16-17)
-> Date de naissance – Date de mort : 29 aout 1896 – janvier 1916
-> Date de renaissance : 5 juin 2009

Sexe : Masculin

Race : Ange

Histoire :
Dieter Braun naquit le 29 aout 1896, à la veille du XXe siècle, dans une grosse bourgade de l’ouest de l’Allemagne, pas loin de la frontière française. Il était le deuxième enfant d’une famille nombreuse, avec un grand frère et 4 petites sœurs (dans l’ordre : Wilhelm, Dieter, Elke, Hilde, et Anna & Cathrin les deux jumelles). Sa mère était couturière et travaillait d’arrache-pied (d’arrache-doigts ?) pour gagner de quoi finir la fin du mois; son père travaillait à l’usine et ramenait le gros de la paye. La famille, bien qu’elle ne soit pas dans la misère totale, et que tous ses membres aient de quoi manger, ne roulait pas sur l’or. Les deux ainés de la fratrie durent donc assez tôt apprendre à se débrouiller dans la vie, et aidèrent leur mère à élever leurs sœurs, à entretenir la maison, et à travailler parfois aux champs près de chez eux.

Dieter s’entendait plutôt bien avec ses sœurs, surtout Elke, et un peu moins avec son frère, même s’ils ne se détestaient pas, loin de là; comme vrai ami d’enfance, avec qui il partageait à peu près tout, il lui préférait Tomi, un gamin français de son âge, qui vivait du côté allemand malgré la dureté des préjugés entre les deux peuples. Ensemble, ils firent les 400 coups jusqu’à ce qu’ils aient 10 ans, se chamaillant gentiment sur leur appartenance nationale, même si elles n’avaient pas vraiment de signification pour eux.

Les Braun étaient une famille relativement peu unie, mais dont les membres s’entendaient plutôt bien les uns avec les autres. Exception faite du père. Ce dernier n’était pas souvent là, et travaillait tôt le matin et tard le soir, rentrant uniquement pour se mettre les pieds sous la table, harassé par sa journée à l’usine. C’était toutefois lui qui détenait l’autorité. Sa parole faisait loi entre leurs quatre murs. C’était un homme impressionnant, que personne n’aurait aimé mettre en rogne. Cela lui arrivait relativement souvent, d’ailleurs. Tout le monde faisait profil bas autour de lui, dans ce cas. Et bien que sa violence ne soit que verbale, elle impressionnait grandement le jeune Dieter.

Quoi qu’il en soit, il vécut une enfance ni heureuse ni malheureuse, et assez occupée, entre les champs, les menus travaux et l’école, qu’il suivait plus ou moins selon les besoins domestiques. Tout ça jusqu’à ce qu’il ait dix ans.

Au début de l’année 1907, le père Braun eut un accident. Une machine qu’il utilisait tous les jours lui écrasa l’avant-bras droit, et on dut l’amputer. Il fut prouvé de surcroît qu’il était dans son tort, et qu’il avait fait un mauvais usage de la machine (on ne sut jamais si c’était vrai ou si le patron avait inventé cela), et ne perçut donc presque aucun dédommagement. Désormais, travailler dans cette usine serait impossible. Il essaya de trouver un emploi qu’il soit possible de faire pour lui, mais ne trouva aucun travail fixe. Dès lors, son caractère évolua vers le pire. Il lui arrivait d’avoir des accès de rage et d’engueuler tous ses gamins comme des chiens, puis de sortir en claquant la porte pour aller fumer ou boire leurs maigres économies. Sa femme devint craintive, de même que toute la marmaille.

Pendant son temps libre, Dieter, lorsqu’il n’aidait pas sa mère ou qu’il n’aidait pas dans les champs, passait le plus de temps possible loin de chez lui, avec Tomi. Ce dernier lui apprit les mots de sa langue natale, et en sa compagnie, il fuyait sa vie familiale qui empirait de jours en jours.

Un soir de l’année 1908, Hilde manqua à l’appel. Personne ne comprit jamais pourquoi. Elle avait disparu, à l’âge de 7 ans. Ils organisèrent des recherches, avec les voisins, pendant toute une semaine, mais on ne trouva rien. Le paternel sombra alors encore plus profondément au fond de sa bouteille, et devint complètement alcoolique. Il se mit à frapper sa femme et ses enfants. Un jour, il leva la main sur Elke, qui était celle de sa fratrie avec qui Dieter s’entendait le mieux; le jeune garçon réagit en s’accrochant à son bras pour le retenir. La folie de son père se tourna alors vers lui, et c’est lui qui se prit la raclée du siècle. Après qu’il soit parti, Elke et Wilhelm vinrent l’aider, lui mettre de l’eau froide sur ses blessures. Elke le remercia timidement, mais sembla le supplier du regard de ne plus jamais faire ça. Wilhelm lui conseilla d’une voix blanche de ne plus se confronter ainsi à la volonté de leur père : son attitude empirait dès que quelque chose allait contre lui, et s’ils faisaient preuve de patience, ce genre de choses deviendrait plus supportable, et leur père se lasserait peut-être. Dieter promit, et la fois suivante, lorsqu’il s’attaqua à Anna, Dieter ne s’opposa pas à son père, restant terré dans un coin de la pièce, les mains sur les oreilles. Mais au final, il était celui des 6 enfants qui s’en prenait le plus dans la figure, volontairement ou non.

Il s’enfuyait de plus en plus souvent de la maison lorsqu’il n’était pas à l’école ou aux champs, pour rejoindre Tomi. Avec ce dernier, il n’était plus joyeux comme auparavant, et son ami devait à chaque fois essayer de lui remonter le moral. Un jour de 1910, alors que Dieter, qui avait maintenant 14 ans rentrait chez lui, son père le prit à partie et lui hurla qu’il savait tout, que Dieter était un traître à sa patrie, qu’il pactisait avec l’ennemi héréditaire de l’Allemagne, et qu’il avait honte d’avoir enfanté une petite fiotte pareille. Dieter était maintenant habitué à ce genre de hurlements, donc ça ne le choqua pas plus que ça de se faire insulter ainsi, mais ça l’embêtait plus pour Tomi. La fois suivante où il le vit, il lui raconta, et le jeune français affiché une mine soucieuse. Selon lui, c’était de plus en plus fréquent. Il avait entendu ses parents dire que son père avait même reçu des menaces. Ils se séparèrent le cœur gros, avec chacun leur problème dans la tête, et se dirent à demain. Mais ils ne se virent plus jamais. Tomi et sa famille fuirent vers la France, où ils ne furent d’ailleurs probablement pas bien accueillis, et soupçonnés de traîtrise à la patrie. Dieter ne devait jamais revoir son ami d’enfance.

À partir de là, la vie fut de plus en plus dure pour Dieter. La législation allemande lui permettant d’ores et déjà de travailler, il prit la place que son père avait laissée à l’usine, suivant l’exemple de son frère qui tentait déjà de subvenir aux besoins de la famille, et d’aider leur mère. Dieter ne se rapprocha pas de son frère, mais devint encore plus proche d’Elke qu’il ne l’était autrefois. D’un point de vue physique, autant Wilhelm était grand et solidement bâti, autant Dieter semblait retarder son arrivée à l’adolescence. Il était toujours plutôt petit, même s’il se battait relativement bien, étant rapide et esquivant bien les coups, même si ceux qu’il donnait n’auraient pas mis un gamin de 8 ans au tapis. Les choses étaient bien différentes à la maison, où il devint le souffre-douleur attitré de son père, qui trouvait toujours de nouvelles raisons de le battre. Et Dieter n’osait pas se défendre ou fuir.

En l’an 1914, la Première Guerre mondiale éclata. Dieter avait 18 ans, et ne tombait donc pas encore sous le coup de la mobilisation générale. Son grand frère Wilhelm qui avait un an de plus dut partir, lui, avec la bénédiction du père qui lui dit que « la graine de vaurien qu’il était allait pouvoir enfin servir sa nation, et qu’il allait casser du français ». De toute façon, il n’était pas parti pour longtemps, Wilhelm serait certainement de retour pour la moisson, comme tout le monde disait, et il n’y aurait plus rien à foutre sous le fusil de son abruti de petit frère, qui ne serait certainement même pas capable de tirer sur ses vrais alliés les Français. Si lui avait eu ses deux mains, il serait allé aussi pour leur casser la tronche, à ces ennemis de leur mère Patrie. Personne ne broncha dans la famille, ils étaient tous habitués à ses paroles pleines de fiel. On dit au revoir au fils ainé, et à bientôt.

À la moisson, la guerre ne faisait que commencer. Les journaux exaltaient la gloire de la patrie allemande, insistant sur la lâcheté de l’adversaire et sur son manque d’entrainement, sur son inefficacité, et sur la barbarie de l’ensemble de ses armées. Ils reçurent à l’hiver une lettre de Wilhelm, qui leur dit l’horreur qu’il subissait, et le fait pour lui de se sentir heureux d’être encore en vie à la nuit tombée, même s’il ne savait jamais s’il vivrait jusqu’au lendemain chaque fois qu’il fermait les yeux. « Petite nature » fut l’unique réaction que cela suscita chez le paternel. Dans la ville, pendant ce temps, on commençait à s’inquiéter des lueurs rougeâtres que l’on apercevait parfois de nuit, dans le lointain, vers l’ouest.

La guerre dura. Aux premiers jours de septembre 1915, Dieter reçut son ordre de mobilisation. Son père ne fut même pas capable de sortir pour dire adieu à son fils : il était désormais impotent, continuant de terroriser la famille malgré tout du fond de son lit par ses accès de rage de plus en plus folle. Dieter embrassa ses sœurs et sa mère, tout en pensant à son frère dont ils n’avaient pas eu de nouvelles depuis un long moment. Il arriva au camp d’entrainement, apprit à se servir d’une arme, et à obéir, sous les ordres d’un supérieur hurleur qui les traitait comme de la chair à canon. Ses camarades ne furent d’aucun soutien : Dieter était traité comme un avorton, et un lâche, puisqu’il ne relevait aucune injure, se contentant de regarder ceux qui se moquaient de lui avec un œil noir en serrant les poings de toutes ses forces.

Puis il prit part aux combats. L’horreur commença alors vraiment pour lui. Ils ne comprenaient plus, par moment, ce qu’il se passait. Ils savaient juste qu’il fallait tirer sur ceux d’en face, et essayer de rester en vie au milieu des obus. Il réussit à se lier d’amitié avec plusieurs personnes, chacun cherchant auprès de tout le monde le réconfort – même si la mort moissonnait souvent l’un d’entre eux. Il eut l’impression d’avoir passé sa vie à cela, mais cela ne faisait que quelques mois qu’il se battait lorsqu’il mourut.

Cela se passa ainsi. Étant un des hommes les plus rapides, il était chargé de porter des messages et des ordres de l’arrière vers les premières lignes, lorsque c’était nécessaire. Alors qu’il s’acquittait de sa mission, un jour, un obus éclata non loin de lui dans la tranchée, tuant un homme sur le coup. Dieter, sonné, resta là quelques instants, sa tête ayant frappé l’une des parois. Au bout de quelques instants, il réussit à se mettre à quatre pattes, récupérant son souffle, respirant profondément et bruyamment. Il fronça le nez.

Une odeur de foin… Elle lui sembla complètement déplacée par ici, au milieu de toute cette horreur. Elle se mêlait à celle de terre et de chair brûlée, insistante. Du foin moisi, très précisément. Après être resté terré quelques minutes, il reprit sa progression, passant à côté de l’obus éclaté et du soldat mort en rampant. Il réussit à délivrer les ordres du sergent et s’apprêta à retourner. Mais c’était juste impossible à ce moment. Il toussa une première fois, après avoir récupéré une baïonnette. Puis il recommença. Au bout d’un temps plus ou moins long sans avoir vu apparaître l’opportunité de courir vers l’arrière, il se sentit faiblir. Il se mit à tousser avec insistance, et lâcha son arme pour porter la main à sa gorge et à ses poumons. Il ne pouvait plus respirer. Ses yeux, sa gorge, ses poumons, tout lui faisait atrocement mal. Il tenta de hurler, mais ne put même pas. Il s’effondra, tandis que tout semblait exploser autour de lui; mais il ne pouvait déjà plus rien voir.

Il ne se rappela jamais consciemment de sa mort; il la revécut parfois en rêve, mais oublia à chaque fois la teneur de ces derniers.

* * *

Il se réveilla en toussant et en crachant, comme s’il voulait se sortit tout l’air de ses poumons, replié sur lui-même en position fœtale. Que lui était-il arrivé ? L’horreur était-elle terminée ? Le monde semblait soudain bien calme… Il ouvrit les yeux. Au lieu de cette vision rouge de ténèbres, de feu et de sang, à laquelle il s’attendait, ceux-ci ne virent que le calme estival d’une forêt au coucher du soleil. Il entendait une rumeur, filtrée par le feuillage des arbres. Des machines. Il était donc peut-être toujours proche des combats… Mais tout semblait étrange, non pas menaçant. Il n’avait pas froid, ou relativement peu pour le mois de janvier… Janvier ? Il se releva. La nature lui disait qu’il n’était pas en plein hiver. On était plutôt au début de l’été. Son vêtement était doux et ample… vêtement ? Non. Il s’aperçut soudain qu’il était nu, mais que deux masses plumeuses l’entouraient et le protégeaient. Surpris, il se releva en sursaut, et sentit des muscles inconnus s’animer dans son dos, tandis que ses deux ailes se déployaient, tendues, avec leurs plumes blanches et grises. Il serait resté planté là, les yeux ronds et la bouche ouverte, si elles ne s’étaient pas prises dans les branches basses. Il les dépêtra avec soin, puis commença à s’inquiéter de sa situation.

Okay, il était un ange. Cela lui semblait complètement fou, mais bon, il y réfléchirait plus tard. Il se sentait perdu, et voulait trouver quelqu’un qui lui expliquerait ce qu’il foutait à poil en pleine forêt. Était-il là depuis longtemps ? Étaient-ils plusieurs dans les environs ? Les morts aux combats revivaient donc sous cette forme ? Machinalement, il fit bouger ses ailes, qui recommencèrent à se prendre un peu partout. Ça l’énervait. Il ne voulait pas les abimer, elles étaient belles. D’instinct, il les rentra en lui-même, ce qui lui sembla plus pratique, bien qu’il aima déjà les voir bouger derrière ses épaules.

Il apercevait la ville en contrebas. Aucune odeur de feu et de mort ne planait; peut-être l’avait-on ramené loin en arrière des combats. Il descendit en trébuchant et en s’écorchant les pieds et les mains, en regardant pudiquement autour de lui. Enfin, après quelques minutes à peine, il déboucha au pied d’un château. En ruine. Il se demanda quelques secondes s’il avait été détruit pendant les combats, puis se rendit compte de l’ancienneté des dommages. Et puis ça lui rappelait fortement quelque chose… Peut-être une carte postale, ou un livre… Quoi qu’il en soit, il s’avança. Qu’est-ce qu’il pouvait faire d’autre ?

Il avisa soudain une veste en cuir déposée sur un muret. Il s’en empara et s’en cacha les reins, avant de remarquer une silhouette qui tourna la tête et le vit au même instant.

Dieter était catholique, même s’il n’était pas très pratiquant. Il eut une réaction de stupeur devant l’homme qui se tenait devant lui. Il avait le teint blême et les cheveux d’un rouge écarlate, et de la fumée sortait de ses narines.

« Der Teufel ! » s’exclama l’ange, en levant son bras libre devant lui en signe de défense, tandis que le diable en question s’exclamait au même instant « Was machst du, du Dieb! » avec l’air ahuri et en colère d’un type qui s’aperçoit qu’un mec à poil venu de nulle part lui a piqué son blouson de cuir. Sous le coup de la surprise, les ailes de Dieter jaillirent et se mirent à brasser de l’air inutilement. L’homme aux cheveux rubis eut un geste de recul devant ces deux immenses appendices, et sa cigarette tomba de sa bouche.

« Rentre ça, grouille ! », dit-il en Allemand, catastrophé, en faisant des moulinets avec ses mains. Dieter se surprit à obéir. Le type lui attrapa un poignet, et examina rapidement les écorchures que l’ange avait aux mains, en en touchant un de ses doigts froids. Il regarda son propre doigt avec surprise, avant de lui ordonner d’un ton sans appel de le suivre. Dieter s’exécuta, et ils arrivèrent devant un gros vélo à moteur très étrange, d’où l’homme sortit un pantalon noir trois fois trop grand pour le chérubin, mais ça faisait l’affaire pour le moment. Puis il lui enjoignit d’aller avec lui sur la grosse bicyclette, et ils partirent dans un ronflement de moteur.

L’homme aux cheveux rouges (ce n’était qu’une fantaisie de coiffure, comme Dieter devait s’apercevoir plus tard, et pas la marque du démon), qui s'appelait Jim, le recueillit chez lui, lui procurant gite et couvert. Il prit congé de son patron du moment exprès pour aider le jeune ange à se faire à toute la nouveauté, lui apprenant qu’il s’était passé presque un siècle depuis ses derniers souvenirs. Nous étions désormais en juin 2009, et il s’était réveillé juste à côté du château de Heidelberg. Il lui apprit à se servir d’une moto, à faire marcher diverses machines, à allumer et éteindre la TV, à refaire les tuyauteries, enfin un tas de choses. Il n’était pas tellement avec lui en journée, parce qu’il dormait le jour et travaillait de nuit, mais l’ange trouvait toujours de quoi s’occuper, et vagabondait dans les rues, au début timidement et avec effroi, puis avec plus d’assurance et une curiosité sans bornes. Dieter était littéralement aux anges. Cela faisait longtemps qu’il n’avait pas eu ce genre de relation avec quelqu’un. Depuis Tomi, en fait. Jim, comme s’appelait son protecteur, était grand et baraqué, avec environ la quarantaine, mais n’abusait pas de lui, et le traitait comme un véritable ami. Il avait l’impression qu’il lui cachait certaines choses, mais Dieter s’en fichait. Chacun ses petits secrets, et Dieter lui en cachait aussi certainement, peut-être même sans le vouloir. Toutefois, il y avait quand même certaines choses qu’il ne comprenait vraiment pas. Par exemple, Jim travaillait comme gardien d’une boite de nuit, et disait qu’à cause de ça, il devait souvent changer de lieu de résidence. Et puis Jim n’avait pas été à ce point surpris de l’existence d’un ange. Et puis il ne l’avait presque jamais vu manger. Ces quelques points rendaient l’ange perplexe…

Tout s’expliqua un matin vers 6 h, alors que Jim rentrait de son travail à la maison. Dieter l’entendit dans la cage d’escalier. Il avait l’air passablement saoul, ce qui lui arrivait parfois, en rentrant, mais il n’était pas violent dans ces cas-là, et Dieter avait moins peur de lui que de ses souvenirs de son père ivre. Il alla donc à sa rencontre pour tenter d’éviter qu’il continue à cogner à toutes les portes de la cage d’escalier en gueulant à tue-tête. Il disait des phrases incohérentes, comme quoi il allait zigouiller tout le monde s’ils ne voulaient pas lui ouvrir, comme quoi il était tout seul, comme quoi ce qu’il avait bu était dégueulasse, comme quoi la nuit était beeeellle. Dieter parvint à le raisonner en le soutenant tant bien que mal de ses épaules – Jim faisait au moins deux fois son poids – et en rentrant, lui mit la tête sous la douche. Jim le projeta en arrière d’un mouvement du bras, l’envoyant cogner violemment contre le mur. Se rendant compte de ce qu’il venait de faire, Jim fut catastrophé, et ils eurent une discussion, au cours de laquelle Dieter apprit que Jim n’était autre qu’un vampire, et qu’il se nourrissait de sang humain.

Après avoir pendant quelques heures tenté silencieusement de se faire à cette idée, Dieter décida que cela n’avait pas d’importance. Jim était son ami, être un vampire était sa nature, et l’on ne peut reprocher au lion de se nourrir de viande fraîche. Il l’accepta aveuglément, et leurs liens se resserrèrent même, tandis que Dieter faisait tout pour cacher ce qu’était Jim au reste du monde. Il devint expert dans l’art de la dissimulation, un menteur relativement habile, se cachant derrière une certaine timidité naturelle qui lui donnait un air innocent. Il était l’exact opposé de Jim, qui était un homme au caractère solaire, qui semblait toujours franc et rieur. L’ange se demandait même parfois comment il avait pu cacher son vampirisme à la face du monde tout ce temps. Dieter le regardait toujours avec des yeux émerveillés, et le suivait comme son ombre partout où il allait, que ce soit en Allemagne, en France, en Suisse, et même en Italie. Dieter apprit ainsi plusieurs langues (allemand, français qu’il parlait déjà auparavant, mais qu’il n’avait jamais lu, italien et anglais).

Un jour arriva un homme à la voix doucereuse, qui débarqua alors que Jim dormait après son boulot de nuit, et que Dieter était encore là. Lorsque l’ange réveilla le vampire, il ne sembla pas extrêmement heureux de voir cet homme. Il lui parlait d’un ton respectueux, mais distant, que le séraphin ne lui connaissait pas. Il fit les présentations, et apprit à Dieter que cet homme qui avait l’apparence de la trentaine était son « grand frère » : ils avaient été transformés par la même femme. Dieter ressentit immédiatement de l’antipathie pour cet individu, qui ne se gênait pas pour parler de son régime, et du fait que de tout temps, des humains disparaissaient et qu’ils ne se rendaient qu’à peine compte de l’existence des suceurs de sang. Dieter entrevit de manière fugace le visage de Hilde, disparue corps et bien à 7 ans…

Le vampire en question, qui s’appelait Thomas, venait en fait pour demander de l’aide à son « petit frère ». Cela faisait plusieurs mois maintenant qu’il se sentait poursuivi par des êtres humains peut-être moins obtus que les autres, qui avaient senti la menace qu’il représentait, et qui avait cependant la folie de vouloir l’attraper. Thomas demandait à son jeune frère de l’aider : l’union faisait la force, dit-il d’un ton que Dieter trouva sournois. Jim accepta de plus ou moins bonne grâce, en faisant promettre au suceur de sang de ne pas toucher à un cheveu de Dieter, et il accepta en soupirant.

Ils partirent ensemble le jour même, et prirent le train. Mais quelque temps après, les hommes qui recherchaient Thomas le repérèrent à nouveau (il ne devait pas être très discret dans ses chasses), et ils furent agressés une nuit, en pleine ville d’Autun. Par un certain concours de circonstances, l’agresseur creva l’œil de Dieter, rendant fou de rage Jim, qui lui suça le sang lentement et jusqu’à la dernière goutte, devant l’ange qui, de son œil valide, ne perdit rien du spectacle, figé sur place. Jim alla cacher le corps rapidement, et s’inquiéta tellement pour Dieter qu’il voulut le forcer à voir un médecin, et tant pis pour la discrétion. Dieter refusa, son œil était déjà en train de commencer à guérir, et tout ce qu’il voulait, c’était du sommeil, assura-t-il au vampire. Mais il fugua le lendemain. Il avait besoin d’un temps de réflexion. Il avait vu bien des horreurs au cours de sa vie, dont il ne pouvait pour certaines même plus se souvenir consciemment, mais le fait d’avoir vu Jim boire le sang de quelqu’un, c’était quelque chose qu’il n’oubliait pas.

Après quelques jours, il voulut revenir. Au final, il n’en voulait pas à Jim, il s’en voulait à lui-même de sa faiblesse qui le rendait vulnérable aux attaques physiques et aux tourments de l’esprit. Il avait confiance totale en Jim, peu importe ce qu’il était. Il revint au dernier endroit où ils avaient logé, espérant vaguement retrouver son ami, même si son instinct lui disait qu’il devait certainement avoir bougé. En montant dans la chambre d’hôtel, il eut un mauvais pressentiment. La patronne lui avait dit qu’ils étaient encore là, tous les deux, l’homme aux cheveux verts (cela changeait tout le temps) et l’autre. Ils avaient d’ailleurs de la visite, un homme s’était présenté et avait demandé après eux. Dieter avait encore une clef, et il ouvrit fébrilement la porte. La fenêtre était grande ouverte, et il aperçut par terre un tas de vêtements couvert d’une épaisse poussière. Ceux de Thomas. Il prit peur et avança en tremblant. Une chaise était au milieu de la pièce, et un tas de vêtements semblablement posé en vrac était posé dessus. Par terre, l’ange horrifié aperçut les quatre bagues argentées que Jim portait en permanence. Il les ramassa machinalement, et se mit à rejeter une bile amère en pleurant de terreur. Comme dans un rêve, il ramassa le tout, enfilant les bagues argentées à ses doigts bien qu’elles soient trop larges pour lui, dispersant la poussière par la fenêtre, et empaqueta les vêtements dans son sac pour les enterrer plus tard. C’était tout ce qu’il pouvait faire. Il prit un certain temps avant de redescendre, pour se calmer, puis informa la patronne qu’ils étaient partis, et qu’il lui rendait la clef. Elle haussa un sourcil, semblant dire qu’elle les aurait vu partir, mais il s’était déjà en allé. Nous étions le 25 avril 2013.

Les mois suivants, Dieter les passa à Paris. Il essaya de trouver un moyen de retrouver les meurtriers de Jim. Ceci était devenu son but dans l’existence, maintenant qu’il n’avait plus rien. Il devait se raccrocher à quelque chose. Mais malgré tous ses efforts, il ne progressait pas, et s’embourbait de plus en plus. Il lui arrivait de rester des heures sans rien faire, à se tourmenter et à revivre la semaine où il avait perdu son ami, se maudissant lui-même et s’attribuant le tort complet. C’était sa faute, il n’aurait jamais dû quitter Jim, s’il ne l’avait pas fait, ils auraient réussi à échapper à ces hommes, ou au moins il aurait été au côté du vampire. Il faisait de plus en plus souvent ces rêves dont il ne se rappelait jamais, mais qui finissait toujours par le réveiller en sursaut, suffoquant et haletant. Il ne travaillait pas, et dormait n’importe où, n’ayant pas besoin de grand-chose pour survivre. Son œil guérit, et au bout de 6 mois, il se dit qu’il devait recommencer à vivre. Il passa désormais son temps à se balader dans la grande ville, réussit à trouver un travail au noir dans un boui-boui, et put sous-louer une chambre de quelques mètres carrés dans un quartier pourri.

La vie reprenait donc lentement pour l’ange, même s’il n’y trouvait plus aucune saveur. Mais un jour, il se sentit suivi. Il essaya de semer son colle-aux-fesses, mais n’y parvint pas, et se retrouva bientôt bloqué dans un cul-de-sac, touchant le mur du fond. Il fit face aux hommes et aux femmes qui s’approchaient de lui, cherchant désespérément quelque chose qui put lui servir d’arme. Rien. Soudain, il se sentit attrapé par-derrière – mais comment, alors qu’il n’avait senti qu’un mur ? Aucune porte ne se trouvait de ce côté. Il se débattit violemment, mais les épreuves de force n’avaient jamais été son point fort. Il sentit une piqure au cou, paniqua encore plus et ses ailes jaillirent pour éblouir ses agresseurs en les fouettant au visage, mais il sombra rapidement dans le sommeil.

Caractère :
Dieter a un caractère assez complexe. Du fait de ses déboires familiaux lorsqu’il était jeune, il a appris qu’il était plus sage de se soumettre docilement pour ne pas exciter les gens. Ça marchait plus ou moins bien, d’ailleurs, mais c’est devenu une part de lui-même. Il est donc relativement inhibé. Il ne parle donc pas beaucoup. De plus, s’il est plutôt – et même très – débrouillard, il est incapable de vivre complètement tout seul, et sombre dans la déprime lorsqu’il se sent esseulé (après avoir perdu de vue Tomi et avoir perdu pour de bon Jim, par exemple). Il ne se lie pas forcément très vite d’amitié avec les gens, mais lorsqu’il apprécie quelqu’un, il est fidèle, loyal, protecteur, un vrai toutou. Même s’il critique son ami, il lui reviendra forcément en disant qu’il est désolé et que tout est de sa faute à lui, et est très culpabilisateur. Il est par ailleurs assez possessif envers ceux qu’il aime.

À part ça, il est assez conformiste, et n’aime pas trop se faire remarquer. Il est plutôt fier de son talent pour se fondre dans la masse, même. Il est assez serviable, consciencieux et persévérant, et également très curieux à propos de tout, qu’il s’agisse de la manière dont on doit réparer une moto ou d’une langue ou encore de jongler. Enfin, il n’a pas appris à jongler, mais c’était un exemple…

Au final, il est assez cynique. Pour lui, l’homme est un loup pour l’homme, et vivre, c’est marcher sur le cadavre des autres. Pour que Jim vive, il fallait bien que d’autres meurent, par exemple. Mais il s’agit surtout d’un trait psychologique, et il n’agira pas forcément en conséquence… Il est attentif à ce que pensent les autres, et les comprend plutôt bien; ce qui ne veut pas dire qu’il cherchera forcément à les aider ou à les soulager. Il constate, c’est tout. De plus, il est très rancunier envers ceux qui ont tué Jim, et leur voue une haine éternelle.

Amours/ami(e)s :
Dieter a eu peu d’amis véritables durant sa vie. Les relations les plus fortes qu’il ait vécues ont été celles qu’il avait avec Tomi, puis avec Jim. Il aimait énormément l’aînée de ses sœurs, Elke, et sentait que c’était de son devoir de protéger les 4 cadettes de la famille. À l’armée, il n’a pas bâti de relations durables : tout le monde se soutenait, mais chacun savait qu’un ami pouvait mourir le lendemain, et ils n’avaient pas forcément le temps de s’attacher les uns aux autres. Il a eu quelques relations avec des femmes avant sa mort, mais aucun amour fou, de même qu’après.

Physique :
Dieter est plutôt petit, mesurant seulement 1m59. Il porte ses cheveux châtain clair longs jusqu’au-dessous des épaules, ce qui n’arrange pas le fait qu’il a un physique androgyne. Ses ailes sont à peu près blanches, même si ses rémiges sont un peu grisâtres. Elles sont très grandes (environ 2,70 m d’envergure), mais il n’a jamais appris à les utiliser. Il a les yeux gris assez foncé. Sa musculature est assez peu développée, bien qu’il soit assez rapide à la course malgré sa taille. Il est mort à 19 ans, mais on lui donne souvent 16-17 à vue de nez (ce qui est fort utile pour aller au cinéma pour payer moins cher).

Pour son style vestimentaire, il est assez simple, Dieter n'étant pas très difficile. Il aime bien le noir et le rouge (il n'est pas gothique, hein!), et porte toujours à ses doigts les 4 bagues argentées qui appartenaient à Jim, qu'il a fait adapter à ses doigts fins.

Signes particuliers :
Il n’a aucune connaissance sur les différentes races, à part les vampires. Il ne savait même pas s’il existait d’autres anges que lui au monde. Il n’a pas du tout conscience de ses pouvoirs angéliques, de la dématérialisation et même du vol (il n’a pas vraiment tenté, en fait).

Spoiler:
 
Joëlann
Chef des Sorciers



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MessageSujet: Re: Dieter Braun – Ange   Mer 5 Mar - 12:26

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Ajartiel
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MessageSujet: Re: Dieter Braun – Ange   Mer 5 Mar - 12:27

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MessageSujet: Re: Dieter Braun – Ange   

 

Dieter Braun – Ange

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