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 Mille quatre-vingt-quinzième jour de Will à la CAT

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Dieter
Ange

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MessageSujet: Re: Mille quatre-vingt-quinzième jour de Will à la CAT   Dim 7 Oct - 12:33

Will faisant les cent pas tel un loup en cage était déjà impressionnant. Lorsqu’il avança brusquement vers lui, réduisant à portion congrue leur distance et le regardant de haut, Dieter sursauta et leva les bras devant son ventre, dans l’optique de contrer une potentielle attaque du vampire. Il décida précipitamment de se dématérialiser, mais la sensation habituelle de son corps se désagrégeant et laissant la matière le traverser ne vint pas, augmentant sa panique ; ses ailes tressautèrent dans son dos. Attend, il pouvait même pas se protéger de cette manière ? Qu’est ce qui… Son épaule. Oh non. Tant qu’elle n’était pas guérie, il ne pouvait même pas compter sur son habileté à se dématérialiser… Formidable. Est-ce qu’il devait envoyer tout de suite son pied dans le bas-ventre de Will avant que celui-ci n’attaque, ce qui n’allait pas tarder ? Enfin, là il n’était pas en garde. Mais est ce qu’il avait vraiment besoin d’être en garde contre Dieter ? Est-ce qu’il fallait que l’ange recule, ou ça risquait d’augmenter son attitude de victime et d’encourager le vampire à l’agresser ? Est-ce qu’il pouvait envisager de se propulser subitement en arrière et de s’envoler, sachant que le mouvement de ses ailes risquait d’être plus difficile à cause de la douleur dans son épaule ? Uuuuuh !

Malgré la peur, l’ange était suffisamment en colère contre Will pour conserver une expression de défi alors même que ses pensées devenaient dangereusement erratiques.

« Le Juif utilisera tous les moyens possibles pour saper les fondements raciaux d'un peuple assujetti », dit finalement Will de son ton le plus monocorde, donnant à l’ange la distraction nécessaire pour lui éviter de céder à l’angoisse.

Dieter papillonna des yeux et fronça les sourcils, rendant au vampire son regard. Euh, pardon ? C’était quoi cette phrase toute faite, qu’il semblait d’ailleurs répéter sans réfléchir ? Ça sortait de quel manuel du parfait nazi ? Ça voulait dire quoi ? Et est-ce que le vampire lui-même savait ce que ça voulait dire ?

Will, finalement, détourna les yeux et recula légèrement, et ce simple geste fit baisser la tension des muscles de l’ange. Ses plumes se dégonflèrent légèrement.

« Itzhak... Il est fourbe. »

Cette nouvelle phrase piqua de nouveau Dieter au vif, et ses ailes s'élargirent de nouveau sur ses flancs. Fourbe ? Qu’est-ce qu’Itzhak pouvait avoir de fourbe ? Itzhak était un de ses aînés en cuisine, et un de ceux qui l’avaient formé à ce poste. C’était quelqu’un de plutôt joyeux et bon vivant, sociable, qui avait fait en sorte que l’ange se sente à sa place à ses débuts à la cantine. Il ne se comportait pas de la même façon avec tout le monde, certes, restant moins expansif face à certains vampires, notamment. Mais Dieter ne l’avait jamais vu mentir ou tromper qui que ce soit – à part une fois Shan, pour se venger des moustaches félines que le sorcier lui avait dessiné sur le visage alors qu’Itzhak s’était endormi dans un fauteuil du salon des anges après avoir un peu trop bu (le vampire, deux jours plus tard, avait remplacé le contenu d’une brique de jus de raisin par du sang et l’avait servi au sorcier). Selon Dieter, c’était quelqu’un de bien.

« Non mais qu’est-ce qu’il t’a fait, franchement ? » s’exclama le petit allemand d'une voix indignée en pointant de nouveau un doigt accusateur vers Will. « Juste parce qu’il est juif, ça y est, tu dois le haïr et décider qu’il est fourbe ou je ne sais trop quel cliché ? Parce qu’on t’a appris que c’était comme ça et pas autrement ? » *Arschloch*, jura-t-il dans sa tête.

« … Au moins, c’est facile de deviner ton âge, comme ça… » L’ange serra les dents et les poings. « Ça te manque tellement, l’époque des nazis ? T’as jamais appris à penser par toi-même depuis ? »

Dieter, lorsque cette période était évoquée, pouvait devenir extrêmement émotif. Il était mort durant une guerre qui, selon lui, aurait dû être la plus grande boucherie de l’histoire de l’humanité, et la dernière guerre, la Der des der, qui aurait été une telle leçon que jamais plus les humains n’auraient été capables de recommencer ; et à son réveil, il avait appris que non, à peine quelques décennies plus tard, alors que les petits "chanceux" qui avaient survécu à la Première Guerre mondiale étaient encore en vie, on avait remis ça. Et l’Allemagne, son pays, qu’il avait défendu parce que c’était ce que tout bon patriote se devait de faire – et parce qu’il n’avait pas le choix, également – avait commis parmi les pires crimes de guerre.

Il avait devant lui quelqu’un qui avait, si l’on considérait les insanités qui sortaient de sa bouche, avait vécu cette période et semblait avoir oublié que plus de 60 ans s’étaient écoulés depuis la fin de la guerre et la mort de son Guide. Et ça l’irritait au plus haut point.

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Pauvre Dieter.
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MessageSujet: Re: Mille quatre-vingt-quinzième jour de Will à la CAT   Dim 7 Oct - 16:08

Dieter ne comprit pas. Will n’avait jamais été un grand orateur et ce n’était évidemment pas un talent qui s’était subitement développé chez lui pendant ses années d’errance post-mortem. Il n’était donc pas surprenant que Dieter interprète maladroitement les paroles malhabiles du vampire. Néanmoins, Will resta de marbre devant l’énervement de son interlocuteur. Peut-être par habitude d’être détesté, peut-être par contemplation. Il avait déjà vu Dieter s’emporter, devant Juan, mais il n’avait alors été qu’un spectateur. Maintenant qu’il lui faisait face, c’était... impressionnant. Outre sa posture, la façon dont ses ailes se déployaient à ses côtés lui conférait une... puissance ? Un pouvoir noble, qui réclamait le respect. Will se souvint de cette fois, dans le salon des vampires, où il s’était fait la réflexion que si un Dieter aussi magnifique le réclamait, il lui obéirait.

Il regarda les plumes de l’ange glisser parfaitement les unes sur les autres, le doigt accusateur orné d’une bague argentée et pointé sur son coeur mort, les cheveux longs de l’ange qui retombaient en partie devant ses yeux plissés, et puis ses prunelles orageuses. Will avait du mal à lire les émotions des gens, mais la colère de Dieter était tellement éclatante que même un aveugle l’aurait perçue. Mais il ne la comprenait pas.

Dieter l’accusa d’être un cliché, un nazi et un pion. C’était vrai. En tout cas, ça l’avait été. Ça ne pouvait pas être encore exact après tout ce temps, si ? Il n’avait plus de patrie, plus de supérieur... Il n’avait plus rien des choses qui faisaient de lui un soldat. Mais pouvait-il être autre chose que ce qu’on avait fait de lui ? N’était-il plus rien ?


« Non ! », nia sèchement Will peu après que Dieter se soit arrêté de parler. Non à tout.

Non, il n’avait pas ‘‘décidé’’ de détester Itzhak ‘‘juste’’ parce qu’il était juif. Il l’avait réprouvé avant de savoir ça, pour sa manière d’être. Parce qu’il agissait en Juif.

Non, il ne s’ennuyait pas de l’époque nazie. Pas vraiment ? Il avait eu un but et pas de liberté. Maintenant, il était libre et sans but. Mais la vie était pareille partout. Les gens en tuaient d’autres. Rien ne changeait vraiment.

Non, il n’avait pas... appris à penser. Le devait-il ? On ne lui avait jamais demandé ça, avant. Était-ce important ? On ne s’attend pas d’un soldat qu’il émette des doutes et s’il valait maintenant moins qu’un soldat... moins qu’un homme...

Will rompit le contact visuel avec Dieter et laissa son regard se perdre en direction du parc, vers la classe des elfes qui se terminait (constatation qu’il fit sans vraiment y porter attention). Si Dieter parla, il ne l’entendit pas. La mâchoire crispée et les sourcils froncés, il se passa une main dans les cheveux. Il avait laissé les dilemmes moraux derrière lui en quittant l’Allemagne. Il avait été élevé pour être une machine de guerre, puis il s’était fait transformer en machine à tuer. Il s’était retrouvé seul avec la faim et avait choisi de s’y soumettre. Elle l’avait guidé. Il ne possédait plus que ses instincts, que Dieter remettait en question. Will était en colère, parce qu’il savait qu’il avait raison et ne comprenait pas pourquoi l’ange lui tenait tête. Depuis longtemps (toujours ?), il ne comprenait qu’une seule chose : la violence.

Pendant une fraction de seconde, cette colère et cette violence passèrent sur les traits du vampire. La fraction de seconde suivante, il se jeta sur l’ange. Instinctivement, sa main gauche se referma solidement sur l’épaule droite, déjà blessée, de Dieter. Sa main droite agrippa le poignet de son autre bras. Collé contre le corps de l’autre garçon, il utilisa la force d’impact de son poids pour les projeter au sol et atterri brutalement par-dessus l’ange. Son poing droit d’enfonça dans le plumage de Dieter tandis qu’il s’assurait d’immobiliser contre le sol la main qu’il tenait toujours. Il ne relâcha pas non plus son épaule et y pris même appui pour se redresser légèrement, allongé au-dessus de l’autre Allemand qu’il fixa dans les yeux.

Mais Will ne poursuivit pas son attaque, n’acheva pas ce qu’il avait commencé. Il hésita. Il ne détestait pas Dieter...

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MessageSujet: Re: Mille quatre-vingt-quinzième jour de Will à la CAT   Lun 8 Oct - 12:52

Le silence demeura quelques secondes après que l’ange ait fini sa diatribe, et ce dernier reprit son souffle, fusillant le nazi du regard.

« Non ! » répondit sèchement Will. Non à quoi ? Il n’avait jamais appris à penser ? Impossible d'avoir une conversation structurée avec lui. Le vampire germanophone détourna les yeux, semblant se perdre dans ses pensées en regardant le parc. Dieter tourna brièvement la tête vers les elfes, dont certains commençaient à se disperser, tandis que d’autres discutaient ou étiraient leurs muscles après l'entraînement.

L’instant d’après, une douleur fulgurante traversa de nouveau son épaule droite et Dieter se retrouva projeté violemment au sol, le souffle coupé et son épaule doublement meurtrie.

« HAAAaaaïe ! » cria Dieter, se débattant inutilement contre la force vampirique qui le plaquait au sol.

La main de Will qui appuyait sur son membre déjà blessé se déplaça légèrement, plaquant un peu plus son épaule contre son aile, son pouce labourant la zone déjà meurtrie, tandis que l’autre venait immobiliser son poignet gauche. Il se débattit, mais c'était aussi efficace qu'une mouche s'agitant au beau milieu d'une toile d'araignée. Il arrêta finalement de bouger, haletant, tentant de retrouver le calme qui lui permettrait de réagir. Ses réflexes n'étaient pas suffisant.

Quelques larmes étaient venues aux yeux de Dieter à cause de la souffrance. Son regard se posait partout sur le corps et le visage de Will, bien trop proches, cherchant à déterminer comment il pouvait s’en sortir. Il s’était rarement senti aussi impuissant.

Plusieurs fois, il s’était “battu” contre Jim, par jeu, et jamais il n’avait gagné. Ça lui était arrivé une fois ou deux de parvenir à s’échapper s’il l’avait attraper, mais une fois, c’était parce qu’il l’avait chatouillé et avait profité de la distraction pour se dégager (ça n’avait marché qu’une fois), et il ne se souvenait plus comment il avait fait la deuxième (c’était fort possible que Jim l’ai laissé gagner, d’ailleurs). La plupart du temps, il suffisait qu’il crie “j’abandonne, j’abandonne” en rigolant et c’était fini. Ça n’allait certainement pas fonctionner comme ça avec Will.

Ce dernier s’était immobilisé et le fixait de ses yeux clairs et durs. Dieter lui rendit son regard, tâchant d'avoir l'air le plus assuré qu'il le pouvait. Ses cheveux collaient à la peau moite de son visage. Il aurait voulu les repousser, ils gênaient sa vue et le grattaient.

« Laisse-moi », dit Dieter sans desserrer les dents. « Tu me fais mal. » Sa voix lui semblait étrangère, rendue plus aiguë par l'effroi et légèrement rauque à cause de son cri de tout à l'heure.

La main qui appuyait sur son épaule se desserra très légèrement. C’était infime, possiblement imaginaire - peut-être que c’était juste que le petit allemand s’accoutumait à la douleur - mais Dieter tenta soudain le tout pour le tout en repoussant brusquement le poignet gauche de son agresseur d'un mouvement circulaire rapide de toute la force du dos de son bras. La main de Will retomba quelques centimètres plus bas sur ses ailes. L’ange se retourna sur lui même, et il sentit au moins cinq ou six plumes rester entre les doigts du vampire. Le dos désormais tourné à Will, il agita ses grands appendices dorsaux de toutes ses forces tout en donnant une impulsion sur sa jambe pour se relever. Il y parvint à moitié, son poignet gauche demeurant dans l'étau de la main de Will. Le tout avait duré une seconde et demi.

Toujours paniqué (peut-être même encore plus qu'avant), il se retourna face à Will et tenta de se dégager en direction du parc, griffant la main de Will qui serrait toujours celle de Dieter. S’arc-boutant et brassant furieusement l'air de ses ailes comme pour s'envoler, il s'exclama :
« Lâche-moi, lâche-moi, lâche-moi ! ! »

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MessageSujet: Re: Mille quatre-vingt-quinzième jour de Will à la CAT   Lun 8 Oct - 16:02

Will fut surpris de voir des larmes dans les yeux de Dieter. Il lui était familier de voir ses victimes pleurer (une réaction probablement naturelle face à la mort), mais cette fois-ci était différente. Il n’était pas certain de savoir pourquoi. Peut-être parce que son attaque n’était pas destinée à tuer ; l’exaltation de la chasse qu’il ressentait d’ordinaire n’était pas tout à fait là. Peut-être parce que le visage soudainement sévère de l’ange ne reflétait pas l’horreur. Il était... quoi ? Furieux ? Farouche ? Accusateur ? Blessé ? Tant de sentiments possibles que Will, encore une fois, ne parvenait pas à démêler.

Quelques mèches des cheveux fins de Dieter lui traversaient le visage, lui donnant un air un peu sauvage. Ça s’harmonisait bien avec son regard (peu importe ce qui s’y cachait et que Will ne parvenait pas à lire). Lorsqu’il parla, son ton était ferme et autoritaire, malgré l’étrangeté du timbre de sa voix.


« Laisse-moi. Tu me fais mal. »

Il se souvint d’un Dieter mal à l’aise, réfugié derrière le comptoir-îlot de la cuisine de la CAT, les bras croisés, les épaules voutées et le regard fuyant. Will, qui était arrivé à la CAT quelques mois plus tôt seulement, lui avait dit qu’il ne le tuerait pas. Les promesses – de simples outils de manipulation pour qui savait jauger les gens – n’avaient pas de valeur aux yeux du vampire, qui n’accordait de crédit qu’aux actions réelles. Toutefois, celle-ci avait été de lui, pour lui. Il avait souhaité que ce soit vrai. Il ne voulait pas tuer Dieter. Il ne fallait donc pas le blesser.

La poigne du vampire se desserra légèrement alors qu’il hésitait. L’ange réagit alors violemment. Will perdit la prise qu’il avait à son épaule et sentit ses doigts s’enfoncer dans un couvert de plumes à la place. Par pur instinct, comme n’importe quel prédateur affrontant une proie, il serra davantage sur les prises qu’il avait : le poignet gauche de Dieter et une zone non identifiée de son aile droite. Cette dernière lui échappa malgré tout presque tout de suite : Dieter roula sur lui-même et le repoussa en agitant ses ailes dans la mesure du possible. Will n’offrit pas la résistance qu’il aurait pu, basculant plutôt instinctivement son poids vers l’arrière, sans néanmoins rendre la liberté de son bras gauche à l’ange.

Dieter lui fit alors face et Will, plus ou moins assis dans l’herbe, vit enfin ce qu’il s’était attendu à trouver depuis le début : la peur. L’ange paniquait, tirant et gesticulant. Il se mit à crier et ce qu’il réclamait maintenant n’avait plus rien d’impérieux. Tout comme lui, c’était désordonné et effréné. Will, d’une seule main, n’avait pourtant aucun mal à résister aux élans de l’ange, si faibles par rapport à la force vampirique. Et ses instincts lui ordonnaient de tenir, puisqu’on ne laisse pas échapper une proie. Mais Dieter en était-il une ?

Malgré son attention presque exclusivement dédiée à l’ange, Will vit du coin de l’oeil les elfes approcher en courant, ordonnant que Dieter et lui arrêtent de se battre. Face à tant d’agitation, Will laissa entièrement tomber le peu de répression dont il faisait preuve et donna plein contrôle à la bête en lui.

Il relâcha Dieter, s’en désintéressa, et déplaça la répartition de son poids de façon à se regrouper au sol, accroupit dans une position qui lui permettait de bondir ou d’encaisser. Il jeta un regard perçant aux elfes qui accouraient. Ils étaient quatre et un cinquième suivait, plus loin. Il les avait vu se battre et estimait avoir de bonnes chances de l’emporter, mais peut-être pas à cinq (six ? En comptant Dieter.) contre un. Il était plus rapide, plus fort et ils étaient déjà fatigués, mais ils avaient la possibilité de l’encercler. C’était une victoire incertaine sans quête de récompense. Ce n’était pas un risque acceptable.

Alors, en un instant, Will se retourna et fonça vers la forêt.

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MessageSujet: Re: Mille quatre-vingt-quinzième jour de Will à la CAT   Mar 9 Oct - 18:45

Malgré les supplications paniquées du petit ange, Will ne le lâcha pas. Il resserra même sa prise sur son poignet, au point que la douleur devint presque aussi forte que celle que l'ange devait supporter dans son épaule droite. Serrant les dents, haletant, tirant et se débattant comme un animal avec une patte coincée dans un piège, il n’arrangeait rien à sa situation.

Dieter n'entendit pas les elfes arriver loin dans son dos. Il fut pris par surprise quand le vampire le lâcha enfin, et tomba sur son postérieur. Immédiatement, propulsé par la peur, il se releva et recula rapidement, faisant face à Will pendant quelques pas. Il eut le temps de voir que celui-ci s'était rassemblé, prêt à bondir, et se serait tout de suite retourné pour se remettre à courir – et peut-être pour battre des ailes et tenter de s'envoler – s'il ne s'était pas rendu compte qu'ils n'étaient plus seuls : les elfes qui leur étaient passés devant sans les voir tout à l'heure accouraient en criant. Dieter n'écouta pas ce qu'ils disaient mais s'interrompit pour se remettre en garde, tout en continuant à reculer. Il n'était plus seul, et pour une fois, quelqu'un venait pour l'aider. Il n'avait jamais pu compter dessus quand il était jeune, ce qui expliquait pourquoi pendant l'altercation, il n'avait pas cherché à appeler à l'aide. Ses cris adressés à Will avaient dû attirer l’attention alentour.

Alors que les elfes arrivaient à son niveau, Will fit volte-face et s'enfuit vers le coeur de la forêt. Trois des nouveaux arrivants coururent après lui, probablement inutilement. Une autre elfe resta près de Dieter et un cinquième arriva quelques secondes plus tard.

Dieter les entendit s'enquérir de ce qui s'était passé et de son bien-être, et Dieter répondit un
« ça va aller » bien peu convainquant. La tension de tous ses muscles diminuait, le laissant soudain sans force, le corps endolori et tremblant de tous ses membres. Tenant debout malgré ses jambes flageolantes, il fit jouer son poignet gauche où s'était imprimée la marque de la poigne du vampire. Il tourna la tête vers son aile droite (la plus abîmée), où apparaissait une zone moins emplumée. Will avait arraché plusieurs rémiges secondaires. Le mouvement fut douloureux, surtout pour son épaule ; il examina rapidement celle-ci, relevant la manche courte de son t-shirt, et entendit une des deux elfes marmonner un « ah oui quand même ». Une partie de sa peau avait pris une teinte rouge violacée. Maintenant que le vampire était loin et que le taux d’adrénaline dans son corps diminuait, c'était impossible de la lever sans grimacer. C'était pire que tout à l'heure, lorsqu'elle n'avait été écrasée qu'une fois par inadvertance. Cette fois, le vampire s'était jetée dessus volontairement, semblait-il.

« Ça va aller », répéta-t-il une nouvelle fois, plus pour se convaincre lui-même. Ses ailes étaient toujours un peu gonflées par la peur. L'une des deux elfes lui posa des questions pressantes que Dieter eut du mal à suivre tandis que l'autre posait délicatement une main compatissante sur son épaule intacte. Le contact contribua à le calmer un peu plus.

« Viens avec moi, il faut que tu ailles à l'infirmerie », dit l'elfe qui parlait moins, alors que les trois autres elfes revenaient vers eux, l'air agité, sans le vampire. Dieter acquiesça, puis avisa le livre oublié non loin de l'arbre, à plusieurs mètres, et les lunettes abandonnées par Will. Rapidement, tout en lorgnant avec effroi sur la forêt où avait disparu l'allemand, il revint sur ses pas et les ramassa avec un rictus de douleur avant de suivre docilement les deux premiers elfes vers l’intérieur de la base. L'un des trois autres partit en courant au devant d'eux, probablement pour faire remonter l'information.

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